Where the wild things are.

Where the wild things are.
J'ai descendu les escaliers, tout à l'heure. J'ai avancé dans tous les dédales pas possiblesdu métro Berry, et arrivée au bout, je me suis dirigée vers l'extrémité gauche pour entrer dans le dernier wagon. Je voulais m'assurer une place sur un siège, parce que j'avais envie de pouvoir lire tranquille.

Quand je suis passé devant les bancs, j'ai croisé un regard... et j'ai continué.

Parce qu'il me semblait que ça ne mènerait à rien. Je me suis mise à lire Balzac.

Puis le métro est arrivé: ce gros train bleu qui m'étourdi toujours un peu à chaque fois. J'ai traversé les portes. Consciemment, mais inconsciemment, je l'ai vu passer par les portes sur ma droite, et je me suis dit que j'allais m'assoir sur un banc qui fasait face aux portes, pour que je puise, qui sait, peut-être mieux le regarder. C'est ce que j'ai fais, je l'ai regardé. Comme toujours, pas lui. Alors j'ai lu, comme je l'avais prévu, La fille aux yeux d'or. Puis j'ai relevé les yeux, et j'ai vu sa tête tournée dans ma direction. Je ne m'en suis pas réellement occupé.

Ma station venait d'être annoncée. Il y avait si peu de gens dans mon wagon. Et quand je me suis relevé, avec peine, il restait seulement quelques personnes. Peut-être deux. J'ai seulement regardé lui. Il était là, & j'avais l'impression qu'il m'attendait (?). Je sais pas, c'était bizarre. Enfin, il était tourné dans ma direction, et quand j'ai eu fait les premiers pas pour sortir, il a sorti aussi.

Alors je me suis remise à lire. En marchant.

J'ai rien pu faire d'autre, parce que j'en suis incapable.

De toute façon, c'était mon imagination, j'en suis sûre. Je veux dire, à moins d'être au milieu d'un décor walt-disney-esque, je crois pas qu'une fille un peu déparaillée, qui soit pas spécialement intéressante et qui lise en marchant puisse attirer l'attention de qui que ce soit.

Puis je me suis mise à me dire que j'étais réellement pathétique. Cette petite histoire de fille qui lit, un peu différente, un peu indépendante, eh bien elle n'arrive que dans mes nouvelles, ou dans ma tête aussi. Je me sens tellement inutile. J'aimerais, ne serait-ce, qu'un jour, ce soit vrai. Je me sens un peu à part, un peu à côté de la plaque. Je me sens.... je sais pas (?). Peut-être jeune. Pas à ma place encore. Vous comprenez? Non, je sais. Vous faites semblant, mais merci quand même.

Faut croire que oui, là, je commence à désespérer.


Comme d'habitude.

# Posted on Monday, 16 November 2009 at 6:35 PM

Edited on Sunday, 22 November 2009 at 2:26 PM

Clignement.

Clignement.


Je vois une fenêtre pas ouverte, mais fermée sur ma rue. Devant cette fenêtre, il y a un arbre aux frondaisons nues, à l'écorce sèche et rideuse, dure, rêche, grise et avec parfois du vert. Ma fenêtre fermée sur ma rue, elle me montre un paysage de Novembre et de ville laide et sale et froide. Mais ce n'est pas ce que je veux voir.

Alors je regarde en diagonale.

Ainsi, j'ai l'impression de voir apparaitre d'autres paysages, de ces étendus égarés à l'intérieur de moi, de mon moi perdu et déchiré, éparpillé sur toutes ces têtes de tous ces gens qui m'entourent d'un peu trop près. Mon moi vidé, liquide et visqueux. En diagonal, il m'arrive de voir apparaître ce bleu horizontal, cet infini droit et plat qui chantait rien que pour moi. Il me parvient en écho ces bruits de sel, ces cris d'oiseaux et ces chuintements de nuages. Il me faut maintenant me feinter. Je ne peux plus décider de fermer mes yeux bleus et de me transporter à nouveau sur cet étendu qui respire l'été, je ne peux plus, parce qu'il ne m'appartient presque plus. Je ne peux plus parce que maintenant, lorsque je m'y attarde trop longtemps, je n'y suis plus seule et j'ai peur. J'ai peur parce que ce dedans de moi a été foulé. Alors mon moi est déchiré. Il est flasque et parti dans ce qui me restait de mon vent. Ainsi, j'épie ces vestiges de moi du coin de l'½il en essayant de ne pas les laisser partir. J'essaie d'en attraper les coins comme on en attrape le pan d'une couverture, comme on fait tomber le rideau d'une fenêtre fermée sur une rue, ou comme on tire sur le voile qui recouvre une peinture. Mais j'ai peur des cerfs-volants, maintenant. Alors il me faudra du temps. Le temps de me rapailler, de me recoller et de me solidifier.

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# Posted on Saturday, 07 November 2009 at 12:23 PM

Edited on Saturday, 07 November 2009 at 12:35 PM

Autoportrait au goût de sel.

Autoportrait au goût de sel.
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Je ne suis que souvenir. Quand je me regarde dans les yeux, dans une glace, je ne vois qu'instants cachés au plus profond de mes iris. Et je pleure. Je pleure parce que la nostalgie me rattrape et que je ne sais faire autrement que de vivre dans ma tête. Et encore, je pleure, et je me regarde, et je me souviens. Les larmes coulent, torrents salés qui me ramènent, invariablement, sur ce rivage. Quelques éclaboussures, un rayon, un air tiède et salant, un fleuve trop grand pour mon p'tit coeur, un oiseau, un astre, un été, un automne, un hiver. Puis deux pupilles bleues, à travers un miroir. Bleues d'avoir trop pleuré, bleues d'avoir trop espéré, bleues d'avoir trop regardé. Il y a aussi les mots, dans ma tête et autour de mes doigts entortillés, de ma main qui tient le crayon. Ce crayon qui m'aide à tracer l'image de ces souvenirs qui me composent, à les évacuer, les partager et les bouchonner pour mieux les conserver. Puis les larmes cessent, et j'ai ce goût salé à la commissure des lèvres.


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# Posted on Wednesday, 09 September 2009 at 3:10 PM

Edited on Thursday, 10 September 2009 at 9:33 PM

Sans titre, ou monologue imprécis.

Sans titre, ou monologue imprécis.


« Qu'est-ce que la littérature? J'avoue ignorer concrètement ce que c'est, en faits. C'est plusieurs choses à la fois, je crois. Pour moi, simplement, c'est de l'émotion, c'est synonyme d'un sourire, d'une joie, d'un partage immense, d'un frémissement... C'est les gens, aussi. Ça englobe tout ce que nous sommes. Tous ceux pour qui cet art est une passion, un exutoire, une porte de sortie. Chacun en a sa perception, non? Ce n'est pas plutôt ça? Peut-être... Peut-être un genre d'inconnu, en réalité. Une sorte de chose qu'on s'évertue un peu trop, selon moi, à décrire et à chercher le sens réel. Enfin, c'est ce que j'aime. C'est ce qui me permet de continuer, de vivre, de poser un pied devant l'autre. Comme tant d'autres, oui. Eh bien pour moi, c'est ça. Je ne tenterai pas de répondre à la question autrement parce que voyez-vous, je ne le pense pas nécessaire. Je n'irai pas mettre de la fioriture où elle est inutile. Pour une fois, je n'essayerai pas d'impressionner. Je vais essayer d'être seulement moi-même. D'y aller naïvement, en me disant que la littérature n'a pas besoin de définition arrêtée. Et qu'elle soit définie ou représentée par Maupassant, Romain Gary, Marie Laberge, le voisin d'à côté, la cousine d'un ami, le coiffeur de ma mère... cela n'a pas d'importance. Je répète ce que tant d'autres ont dû dire avant moi, mais ce qui compte, l'essentiel, ce sont les mots. L'amour qu'on peut leur porter. L'attention qu'on en a. Tout ce qu'ils peuvent nous amener, amener aux autres, et symboliser. », dit-elle, en un élan.




Bon, eh bien, me revoilà...


# Posted on Thursday, 03 September 2009 at 4:44 PM

Edited on Thursday, 03 September 2009 at 5:11 PM

J'aime tout le monde.

J'aime tout le monde.
Je pensais que tout allait bien. Je sais plus trop, à vrai dire. Je me retrouve ici une fois de plus, à vous partager des parcelles de vie, qui, pour la plupart, ne vous intéresse pas. Je suis vraiment curieuse. Je me demande combien de personnes lisent vraiment tout ce que j'écris. Je devrais peut-être me lancer dans les citations et p'tites phrases toutes faites et supposément mignonne afin d'attirer les commentaire du genre:"Oooonnnnnn c,est TLMM VRAI!". Je pourrais peut-être bien aussi mettre de belles photos de moi, tout le temps, et celles de mes amis avec sans cesse le ptit :"change surtout pas, j'temmmm!" en bas (sans offense aucune à personne). Je me dis que, comme ça, je serais peut-être plus populaire. Mais, au fond, où tout ça pourrait bien m'amener? Skyblog n'est qu'une espèce d'illusion. J'ai l'impression de me forcer à étaler des sentiments alors que je ne souhaite pas nécessairement le faire. Je le fait parce que j'en ai l'habitude, parce que j'attends les commentaires qu'on me donnera. Et puis oui, je suis fâchée. Disons le! Crions le! Je suis fâchée! Je suis tannée! Je suis épuisée, exaspérée, morte, comateuse, apathique.

C'est bientôt la fin. Je pensais m'en tirer me manière joyeuse. Mais non. La fin de quatre années, et rien à foutre. J'accorde de l'importance à beaucoup trop de gens qui ont en trop peu à faire de moi. C'est comme ça que vous me voyez? Alors moi aussi, tiens. J'vais partir, et plus jamais vous adresser la parole. Je vais arrêter de me préoccuper de vous, puisque vous, eh bien, je crois que c'est déjà fait pour moi. Si j'avais su que l'école secondaire, ce n'était que ça. J'ai hâte de partir. De plus leur parler, jamais, de couper les ponts. Voilà. Ce n'est qu'une passade! "On va refuser de fêter avec eux, parce que ça ne sert plus à rien"...Et oui, je suis comme ça, désabusée, frustrée, obsessive, accroe, naïve, qui s'attache trop, prenez ça comme vous voulez. Je suis épuisée.

Dans deux semaines, on en aura fini à vie avec le secondaire. Je n'en suis pas heureuse, mais plutôt soulagée, et rancunière aussi, oui rancunière. N'essayez pas d'analyser. N'empêche que voilà, d'ici deux semaines, eh bien je décampes pour l'été. Pourquoi attendre d'ici là pour, en quelques sortes, vous faire mes aurevoirs? J'aimerais bien vous faire des adieux, mais je me connais. Je vais revenir. Je vais donc faire comme tout le monde et crier un gros PAUSE.

Je vous aimes tous, quand même. Désolée pour la sorte d'engueulade.

À l'année prochaine!

Descerfs-volants, ou bien Fred, si vous préférez.

# Posted on Friday, 05 June 2009 at 5:14 PM

What you need is someone to save you.

What you need is someone to save you.
Patience
Took you for everything
Looked like a diamond ring
and you wore it so much longer than made sense
Apathy in disguise
Crept on you like a spy
Hurt you in ways
You can't describe
OneRepublic - Someone to save you


Je peux pas décrire ce qui se passe autour de moi en ce moment. Je baigne dans une marre stagnante, une atmosphère lourde. Je sais pas quoi faire, quoi dire. Je passe d'une envie à une autre, d'une idée à une autre, d'un sentiment à l'autre. Tout ce que je peux affirmer fermement et avec un tant soit peu de conviction, c'est que tout doit s'arranger. Je veux que tout s'arrange. Je vais rester forte. Je vais demeurer sur mes deux pieds, bien en équilibre, un bon pillier. Je suis prête à tout endurer. Je suis triste, oui, mais tout ce qui m'importe, c'est que les gens autour de moi ne s'en aperçoive pas et qu'ainsi, ils puissent être heureux. J'ai failli me laisser aller. J'ai failli écrire une lettre pleine, remplie, puante de mes états d'âmes. Mais non, parce qu'il faut rester forte. Je les rendrait malheureuses. Il faut pas. Et puis, il y lui aussi. Si je pouvais, seulement, le forcer à se confier, à m'expliquer. Mais non. Au lieu de ça, eh bien, j'ai une année entière à passer éloignée d'eux. Quatorze heures, c'est pas si loin, quand on est heureux. Donc, au bout du compte, je suis heureuse. L'été arrive, vous la sentez?


Fred, la fille heureuse & forte.

# Posted on Friday, 22 May 2009 at 5:03 PM

Je confond douleurs psychiques et douleurs physiques.

Je confond douleurs psychiques et douleurs physiques.

J'aimerais, parfois, tout le temps, m'envoler. Ou plutôt, j'aimerais qu'on me berce. Je souhaiterais qu'on me prenne dans ses bras

et qu'on me berce. Parce qu'entre moi et ces deux êtres aparament géniteurs de mon être, tout déboule, s'écroule, tombe. Il

s'agit, en faits, du lot de tous les adolescents de cette planète, ou plutôt de tous les enfants, qu'ils soient grands ou petits, de

cette belle boule bleue. Mais cela me soulage-t-il? Absolument pas. C'est que c'est la première fois que je me sens si loin de

leurs idées, si innofensive face à leurs jugements, si tache dans leur décor. Je les hais jusqu'au bout des ongles. Je les hais de

ne pas me comprendre, de ne pas connaitre l'ampleur de toutes ces petites crises. Je les détesterais jusqu'à m'en asphyxier

parce qu'ils se croient philosphes. Je les battrais jusqu'à m'érafler moi-même pour qu'ils me prennent au sérieux, pour qu'ils

s'aperçoivent. J'ai seulement besoin qu'on m'écoute. Je veux des regards sérieux, inquiets, soucieux de ma personne. Je ne

veux plus de ces yeux las, fâchés et railleurs! J'ai mal, mal au ventre, mal aux reins, au coeur. Une anfractuosité grandissante sur

mon nombril, mon si petit nombril qui porte le poids du monde. J'ai mal, mal, mal, de ne pas être aimée en retour.


Je vous en pris, laissez-moi avoir peur que je puisse mieux les détester.

# Posted on Tuesday, 12 May 2009 at 9:12 PM

Edited on Wednesday, 13 May 2009 at 7:36 PM

Tulipes

Tulipes
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L'air frais s'engouffre un peu partout. Dans mes poumons, surtout, & sur mon coeur... Je peux enfin respirer. Le vent tiède panse mes blessures. Il me fait revivre. Il est le seul à avoir cette exceptionnelle capacité. Il me ramène à l'ordre, me ramène à ces paysages dont je suis si bien éprise, me ramène à la fougue des vagues qui se brisent en mon regard, me ramène à moi même. Me rappelle cette raison que j'ai d'exister. Un éveil des sens qui me rappelle qu'au-delà de cette prison de bitume, je m'attends. J'ai ce besoin viscérale d'entrevoir à nouveau les cerfs-volants.Parce que je doute. Mon indifférence me fait peur, ma famille plus que tout, me fait peur et être seule me fait peur. Mon être entier doute et se morfond de la mansuétude qui le constituait il y a si peu...


Alors là-bas, quelque part, je m'attends.




# Posted on Saturday, 02 May 2009 at 1:27 PM

Edited on Sunday, 03 May 2009 at 7:16 PM