Quand je suis passé devant les bancs, j'ai croisé un regard... et j'ai continué.
Parce qu'il me semblait que ça ne mènerait à rien. Je me suis mise à lire Balzac.
Puis le métro est arrivé: ce gros train bleu qui m'étourdi toujours un peu à chaque fois. J'ai traversé les portes. Consciemment, mais inconsciemment, je l'ai vu passer par les portes sur ma droite, et je me suis dit que j'allais m'assoir sur un banc qui fasait face aux portes, pour que je puise, qui sait, peut-être mieux le regarder. C'est ce que j'ai fais, je l'ai regardé. Comme toujours, pas lui. Alors j'ai lu, comme je l'avais prévu, La fille aux yeux d'or. Puis j'ai relevé les yeux, et j'ai vu sa tête tournée dans ma direction. Je ne m'en suis pas réellement occupé.
Ma station venait d'être annoncée. Il y avait si peu de gens dans mon wagon. Et quand je me suis relevé, avec peine, il restait seulement quelques personnes. Peut-être deux. J'ai seulement regardé lui. Il était là, & j'avais l'impression qu'il m'attendait (?). Je sais pas, c'était bizarre. Enfin, il était tourné dans ma direction, et quand j'ai eu fait les premiers pas pour sortir, il a sorti aussi.
Alors je me suis remise à lire. En marchant.
J'ai rien pu faire d'autre, parce que j'en suis incapable.
De toute façon, c'était mon imagination, j'en suis sûre. Je veux dire, à moins d'être au milieu d'un décor walt-disney-esque, je crois pas qu'une fille un peu déparaillée, qui soit pas spécialement intéressante et qui lise en marchant puisse attirer l'attention de qui que ce soit.
Puis je me suis mise à me dire que j'étais réellement pathétique. Cette petite histoire de fille qui lit, un peu différente, un peu indépendante, eh bien elle n'arrive que dans mes nouvelles, ou dans ma tête aussi. Je me sens tellement inutile. J'aimerais, ne serait-ce, qu'un jour, ce soit vrai. Je me sens un peu à part, un peu à côté de la plaque. Je me sens.... je sais pas (?). Peut-être jeune. Pas à ma place encore. Vous comprenez? Non, je sais. Vous faites semblant, mais merci quand même.
Faut croire que oui, là, je commence à désespérer.
Comme d'habitude.






